Platinotype

A propos


Le platinotype est un procédé monochrome basé sur la photosensibilité des sels de fer. 

Spiromètre enregistreur destiné à mesurer par insufflation et élévation de la pression dans un récipient de 300 litres, la quantité d'air inspirée et expirée dans un acte respiratoire et à comparer les mesures avec les indications du pneumogra[phe], Marey, Etienne-Jules, 1887, 14,9 x 11,5 cm, bibliothèque de l'Hôtel de Ville

Période historique de production et d’utilisation


Il est breveté en 1873 par l'anglais William Willis qui fonde en 1879 la Platinotype Company, première firme à commercialiser des papiers présensibilisés. Ces derniers rencontrent un grand succès commercial en Angleterre et aux Etats-Unis essentiellement. Cet engouement connaît cependant un coup d'arrêt dans les années 1910, qui voient le cours du platine s'envoler à l'approche de la Première Guerre Mondiale.

Du fait de ses grandes qualités esthétiques et de son extrême stabilité, le procédé a cependant continué à être utilisé par des grands photographes tels Stieglitz, Steichen, Strand ou Weston. Celui-ci s'est prolongé au-delà à travers les œuvres de Manuel Alvarez-Bravo, Irving Penn, Jan Groover, Robert Mapplethorpe, Mary Ellen Mark ou Isabelle Muñoz.

Fabrication


Une feuille de papier est enduite d'un mélange d'oxalate de fer et de chloroplatinite de potassium, puis séchée.  Elle est exposée quelques dizaines de minutes à la lumière solaire en contact avec le négatif dans un châssis-presse. L'image est ensuite développée dans un bain d'oxalate de potassium qui dissout l'oxalate ferreux et réduit le platine à l'état métallique. Elle est clarifiée dans une solution d'acide chlorhydrique avant d'être lavée à l'eau.

L’image photographique, directement formée dans les fibres du papier (procédé à une couche), offre un rendu mat ainsi que de subtiles nuances de gris et des ombres, pouvant aller jusqu'au noir profond. Il est possible de modifier la tonalité des épreuves au platine en réalisant le développement à chaud ou en introduisant des sels de mercure dans le bain de développement. On obtient alors des noirs chauds. Le procédé platinotype initial a fait l’objet de nombreuses variantes, dont le procédé au palladium qui lui est très similaire et qui présente des noirs un peu violacés-rosés. 

Identificattion


Les photographies au platine se caractérisent par leur aspect mat, leur tonalité neutre, la gamme étendue de leurs valeurs de gris et le fait de voir les fibres du papier. Elles peuvent être confondues avec des aristotypes au collodion mat virés au platine.

Altération


Ce procédé présente une grande stabilité chimique. Le papier support peut par contre jaunir par oxydation de la cellulose et s’altérer mécaniquement (plis et déchirures sur les bords). Les photographies sur papier au platine, quand elles sont conservées dans des portefolios ou albums, peuvent oxyder la page opposée et provoquer un phénomène de transfert de l’image sur cette dernière, créant une « image fantôme ». 

Crédits


Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023

Glossaire


Ambrotype

Aristotype

Autochrome

Cyanotype

Daguerréotype

Dessin Photogénique

Ferrotype

Impression Jet D’encre Pigmentaire