A propos
Impression jet d’encre
Une impression jet d’encre est une image, monochrome ou couleur, réalisée à l’aide d’une imprimante jet d'encre reliée à un ordinateur à partir d'un fichier informatique, qu’il s’agisse d’une matrice nativement numérique ou de la numérisation d’une matrice analogique.
Impression jet d'encre sur papier d'une image photographique en sortie d'ordinateur d'après un fichier informatique ©Agathe Calmanovic-Plescoff/D3P/Ville de Paris
Période historique de production et d’utilisation
Ce procédé est développé à partir des années 1950 par les sociétés IBM puis Siemens, qui mettent au point les premières imprimantes, initialement conçues pour l'impression de textes. Les premières photographies produites par impression jet d’encre remontent à la fin des années 1980 avec le lancement de l’imprimante IRIS®, pionnière dans l’impression sur support dits commercialement « Fine Art » ou « Giclée ».
Fabrication
L’image est produite par projection sur un support de microgouttelettes d'encres, qui peuvent être à base de colorants ou de pigments. Avec l’imprimante IRIS®, l’encre est apportée en continu et est contrôlée en sortie de buse : soit déposée sur le papier, soit déviée. Dans les années 1990 est mis au point le système d’impression intermittent (non continu) dit « DOD » (drop on demand) : les gouttes d’encre sont libérées à la demande à l’aide d’un système soit thermique, soit piézo-électrique. Le système thermique repose sur l’utilisation d’un élément chauffant placé dans le conduit d’encre de chaque buse : l’encre chauffe rapidement et la surpression provoque une propulsion de la goutte. Le système piézo-électrique, lui, consiste à expulser les gouttes selon une action mécanique.
L’eau est le produit le plus couramment utilisé pour véhiculer la matière colorée (pigments et/ou colorants). Si les couleurs de base sont le cyan, le magenta et le jaune, associées au noir, la gamme de couleurs est aujourd’hui très riche, certaines imprimantes présentant jusqu’à huit couleurs (CcMcJjKk), voire douze (BVR et diverses nuances de gris).
On dénombre une grande variété de supports d’impression, possédant chacun une couche réceptrice de l’encre : le papier pur coton et le papier baryté, utilisés pour la réalisation des impressions dites « Fine Art », les papiers multicouches - support papier ou support plastique RC (resin coated), les toiles synthétiques ou naturelles et les papiers synthétiques avec ou sans couche réceptrice, ainsi que les papiers couchés, utilisés en bureautique. La variété de ces supports et de leurs couches réceptrices permet aussi bien d’obtenir des impressions dont l’esthétique se rapproche de la photographie traditionnelle (papiers barytés ou multicouches) que d’explorer de nouvelles possibilités de rendus, traditionnellement plus proches de l’esthétique des œuvres graphiques (avec l’emploi du papier pur coton). L’utilisation de papiers Japon (famille des papiers pur coton) par exemple, apporte de toutes nouvelles images à la création photographique. L’emploi de la combinaison adéquate encres - imprimante - logiciel d’impression - papier, permet d’optimiser la qualité des épreuves du point de vue esthétique et d’améliorer leur stabilité dans le temps. Le label Digigraphie® désigne par exemple une impression jet d’encre pigmentaire sur papier, réalisée avec les imprimantes de la marque Epson®, les encres pigmentaires Epson® Ultrachrome et les papiers homologués. Parfois les impressions sont vernies pour les protéger des abrasions.
Identification
La trame d’impression colorée quadrichromique est bien visible avec une loupe, sous forme de petits points colorés irréguliers qui rappelle la peinture pointilliste.
Altération
Le comportement dans le temps des matériaux constitutifs des impressions jet d’encre peut fortement varier en fonction des imprimantes, encres et papiers utilisés.
Les impressions réalisées avec des impressions à base de colorants synthétiques sont très fragiles à la lumière et aux polluants, contrairement aux impressions réalisées avec des encres pigmentaires.
Avec le temps le support papier peut se fragiliser et jaunir, entrainant une modification colorée de l’impression.
Crédits
Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023
Glossaire
