Papier Salé

A propos


Les papiers salés sont les premières épreuves positives sur papier argentique à une couche. Ils sont obtenus par noircissement direct sous un négatif. 

Place du Carrousel au moment de la démolition des anciennes écuries du Roi, Henry Le Secq, 1852, bibliothèque Historique de la Ville de Paris

Période historique de production et d’utilisation


Héritier du dessin photogénique, le procédé au papier salé est mis au point en 1839 par William Henry Fox Talbot.

Utilisé principalement avec le négatif papier dont il est contemporain, il connaît un grand succès en Europe des années 1840 aux années 1860. 

Fabrication


La préparation du papier de tirage se fait en deux étapes : le salage et la sensibilisation. Une feuille de papier de fibres de coton sans impuretés est, dans un premier temps, salée par immersion dans une solution de chlorure de sodium (sel de cuisine), puis séchée. Sur cette feuille est ensuite appliquée au pinceau une solution de nitrate d’argent, lequel vient former avec le sel le chlorure d’argent photosensible. En 1847, Louis-Désiré Blanquart-Évrard améliore notablement le procédé en sensibilisant la feuille de papier salée par flottaison sur la solution de nitrate d’argent, ce qui permet d’obtenir une distribution plus uniforme des sels d’argent à la surface du papier.

Une fois bien séchée, la feuille photosensible doit être rapidement tirée par noircissement direct (voir notice Mode de formation des images argentiques et numériques). Les rayons les plus énergétiques de la lumière (ultraviolets) transforment le chlorure d’argent en argent métallique, de couleur brune-orangée. L’épreuve est fixée dans une solution de thiosulfate de sodium qui dissout les sels sensibles non insolés, lavée, puis virée dans une solution de sels d’or qui refroidit la teinte naturellement orangée de l’image, lui donnant une couleur allant du brun chaud au noir violacé selon la recette utilisée, et la stabilise chimiquement. A partir de 1850 on ajoute parfois des encollages dans le bain de salage afin d’augmenter l’imperméabilité du papier, ce qui permet d’améliorer les contrastes et la définition de l’image ou d’obtenir une plus grande diversité de tonalités. Les substances les plus couramment utilisées sont l’albumine, la gélatine ou l’amidon et donnent 

Identification


Le papier salé se reconnait par son aspect mat, une surface rugueuse et une image aux contours légèrement imprécis, laissant transparaitre les fibres du papier de support.

Altération


Les papiers salés sont particulièrement fragiles. L’image argentique peut jaunir à cause d’un mauvais fixage ou d’un lavage insuffisant et elle peut aussi s’affaiblir avec la pollution atmosphérique.

Crédits


Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023

Glossaire


Ambrotype

Aristotype

Autochrome

Cyanotype

Daguerréotype

Dessin Photogénique

Ferrotype

Impression Jet D’encre Pigmentaire