A propos
NEGATIFS SUR FILM PLASTIQUE EN NITRATE ET ACETATE DE CELLULOSE ET EN POLYESTER
Les négatifs sur film plastique en nitrate de cellulose, en acétate de cellulose et en polyester représentent l’essentiel des négatifs conservés dans les collections. L’image est obtenue sur une émulsion gélatino-argentique posée sur le film plastique transparent.
Bal masqué de la TWA, 1er mars 1952, Louis Peltier, fonds Fleury, négatif sur nitrate de cellulose, bibliothèque de l’Hôtel de Ville ©D3P / Ville de Paris / Stéphanie Ledamoisel (2019)
Période historique de production et d’utilisation
Le nitrate de cellulose est le premier film plastique utilisé comme support transparent souple pour négatif photographique, suivi de l’acétate de cellulose comme première alternative trouvée pour remplacer le nitrate de cellulose problématique. L’acétate de cellulose s’étant également révélé instable, il a été ensuite été partiellement remplacé par le film polyester.
Le nitrate de cellulose (CN) est un polymère artificiel mis sur le marché en 1878 par la Celluloid Company. Il était à l’époque l’un des rares plastiques facilement accessibles et c’est à partir de blocs solides de cette matière que des feuilles étaient découpées, puis vendues à des photographes, qui les recouvraient ensuite d’émulsion au gélatino-bromure d’argent et les utilisaient comme des plaques sèches sur verre. En 1888 J. Carbutt aux États-Unis les propose déjà émulsionnées et en 1889 Kodak dépose un brevet pour un film transparent souple sur nitrate de cellulose, conjointement avec l’introduction commerciale de rouleaux de film. Ce « support souple », plus léger, plus maniable, offre ainsi la possibilité de porter plusieurs vues (pellicules). Le nitrate de cellulose a été utilisé comme support de film photographique et cinématographique pendant presque soixante ans. Il est finalement interdit en 1951 à cause du risque d’inflammabilité élevé qu’il représente, mais l’épuisement des stocks fait qu’il sera encore utilisé pendant quelques années après cette date.
Les recherches pour pallier l’instabilité et l’inflammabilité du nitrate de cellulose débutent dès le début du xxème siècle à cause d’accidents graves survenus lors de projections de films cinéma pendant lesquelles le feu prend à cause du chauffage du film au passage près de la lampe de projection. Mais ce n’est qu’en 1923 que Kodak introduit pour la première fois l’acétate de cellulose (CA), polymère artificiel, comme base plus sure pour films de cinéma d’amateur 16 mm. Pendant les années 1930 différents types d’acétates sont utilisés en parallèle, comme supports de film cinématographique ou comme support pour film de rayon X ou de films professionnels. En 1948 Kodak commercialise un nouveau film de sécurité à base de triacétate de cellulose pour le cinéma professionnel (safety Base Film). Cependant les films en acétate de cellulose se révélèrent également problématiques pour certains usages (photographies aériennes ou dessins d’ingénierie), le plastique ayant tendance à se déformer sous l’effet de l’humidité.
Le polyéthylène téréphtalate (PET) ou polyester est un polymère synthétique, découvert en 1941 en Grande Bretagne par Winfield et Dickson. Ce n’est qu’en 1955 que la du Dupont Company l’introduit en tant que support de film photographique (Cronar®), après l’avoir utilisé pour les arts graphiques (Mylar®). Ses propriétés mécaniques excellentes, sa grande stabilité dimensionnelle et chimique en font le support plastique privilégié pour les films techniques (photographie aérienne, imagerie scientifique, arts graphiques, radiographies X). Il coexiste aujourd’hui avec le film sur triacétate de cellulose, qui est majoritairement utilisé pour des films amateurs et le cinéma.
Identification
Les négatifs sur verre au collodion ont des formats non standards, l’épaisseur du verre est irrégulière, souvent plus importante que celle des verres industriels (verres « clichés ») et les bords sont souvent mal coupés. La couche image est irrégulière sur les bords et peut présenter des coulures, des traces de doigts. L’image négative présente une tonalité générale laiteuse. Il y a souvent une couche supplémentaire de vernis qui la rend un peu jaunâtre.
Fabrication
Les supports initiaux étaient fabriqués à partir d’une solution de nitrate de cellulose dissoute dans l’alcool qui, après évaporation, laissait une base fine de nitrate de cellulose transparent, mais très cassant. La composition fut améliorée par Kodak avec l’addition d’un plastifiant à base de camphre et d’huile. Le film de nitrate de cellulose était ensuite couvert d’une couche d’adhésif sur laquelle l’émulsion de gélatino-bromure d’argent était coulée. Une fois sec, le film était découpé et vendu en format plan-film ou en bande roulée.
L’acétate de cellulose est lui aussi mis en forme de la même manière, à partir d’une solution, dissoute dans de l’acétone.
Le polyester est le résultat de la réaction entre éthylène glycol et diméthyle téréphtalate. N’étant soluble dans aucun solvant, il ne peut pas être fabriqué à partir d’une solution coulée dans un moule, il est extrudé puis étiré en forme de feuilles.
Sans titre, anonyme, s.d., bibliothèque Historique de la Ville de Paris, négatif sur triacétate de cellulose (safety film) dégradé ©D3P / Ville de Paris (2010)
Portrait de Jacques Chirac, photographe non identifié de la Direction générale de l'information et de la communication (Mairie de Paris), sans date [1978-2001] (Archives de Paris : versement 3973W), négatif chromogène sur polyester ©D3P / Ville de Paris / Stéphanie Ledamoisel (2023)
Altération
Les négatifs sur verre au collodion peuvent présenter des altérations mécaniques typiques du verre de support : rayures, fêlures, cassures, lacunes, défauts de fabrication. La couche de collodion peut se soulever sur les bords, se fissurer ou se rétracter, créant dans ce dernier cas un réseau de fissures plus ou moins régulier. L’image argentique peut développer un miroir d’argent assez fort si la couche image n’est pas vernie.
Crédits
Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023
Glossaire
