Procédés À Destruction De Colorants

A propos


Une épreuve à destruction - ou blanchiment - de colorants est une photographie positive en couleurs sur papier ou sur film transparent. Elle est obtenue à partir d’une matrice positive, généralement une diapositive chromogène inversible, ou, depuis les années 1990, d’un fichier numérique.

La chapelle au caoutchouc, Eric Baudart, 2005, Ilfochrome®, 200 x 126 cm, fonds d'art contemporain - Paris collections 

Période historique de production et d’utilisation


Des expérimentations sont menées au début du xxème siècle dans le but de pouvoir réaliser des épreuves sur papier à partir de diapositives couleur du type autochrome (K. Schinzel avec la Katachromie en 1905 et de B. Gaspar avec le Gasparcolor en 1931-32). Suite à un accord de recherche entre le fabricant de supports photographiques Ilford et le groupe chimique Ciba, le procédé est commercialisé et fabriqué en Suisse à partir de 1963 sous la dénomination de Cilchrome®, puis Cibachrome® et enfin Ilfochrome® à partir de 1991. En 2013 l'usine Ilford Imaging Switzerland fait faillite, mais les derniers stocks continuent d’être utilisés. En France les tirages d’épreuves se sont définitivement arrêtés en 2023.

Fabrication


Le principe de formation de l’image, mis au point par Bela Gaspar dans la première moitié du xxème siècle, repose sur le blanchiment sélectif – ou destruction sélective – de colorants lors du développement. Le procédé est basé sur la synthèse trichrome soustractive : le support photographique est composé de trois couches de gélatine colorées en jaune, magenta et cyan (colorants azoïques) sur un papier plastifié ou un film plastique polyester, qui peut être opaque ou transparent pour la production de caissons rétroéclairés ou de micro-fiches. Contrairement aux supports à développement chromogène, les colorants qui formeront l’image sont initialement présents dans le papier sensible et sont détruits proportionnellement à la lumière reçue.

Identification


L’aspect des épreuves à destruction de colorants sur support polyester lui est propre : ultrabrillance de l’image, des couleurs plus pures et saturées, reflets métallisés. Avec les papiers plastifiés, le rendu des couleurs est plus doux, les surfaces plus variées, satinées ou brillantes, se rapprochant ainsi des épreuves à développement chromogène, mais avec une stabilité des colorants à la lumière bien supérieure.

Altération


Les photographies à destruction de colorants sont bien plus stables que celles à développement chromogène, leur résistance à la lumière étant considérée cinq fois supérieure. 

Crédits


Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023

Glossaire


Ambrotype

Aristotype

Autochrome

Cyanotype

Daguerréotype

Dessin Photogénique

Ferrotype

Impression Jet D’encre Pigmentaire