A propos
Electrographie
L’électrophotographie est un procédé de reproduction de l’image basée sur le phénomène d’électricité statique. Les imprimantes électrophotographiques actuelles (appelées communément imprimantes « laser ») sont basées sur la même technologie que la xérographie, popularisée par les photocopieurs au début des années 1950 et très utilisée depuis pour la production en masse de documents écrits et visuels.
Impression électrophotographique sur papier ©Agathe Calmanovic-Plescoff/D3P/Ville de Paris
Période historique de production et d’utilisation
Le physicien américain Chester F. Carlson dépose un premier brevet en 1942 et commercialise le procédé électrophotographique en 1949 sous le nom de « xérographie ». Le passage de l’analogique au numérique date de 1969, quand Gary Starkweather, un ingénieur de Xerox, utilise un laser piloté par ordinateur pour exposer le tambour photoconducteur d'un photocopieur. Mais c’est l’entreprise IBM qui commercialise en 1976 la première imprimante laser (modèle 3800).
La taille imposante de ces machines les réserve à l’époque aux grandes entreprises. Ce n’est qu’en 1984 que la première imprimante de bureau noir et blanc (HP LaserJet®) est commercialisée et en 1993 pour celle en couleur.
Depuis les années 1990 l’électrophotographie à toner sec ou humide s’est peu à peu imposée comme concurrente du système d’impression de photolithographie offset traditionnelle, permettant une impression à la demande et en masse, à un moindre coût avec une simplification de mise en œuvre, puisqu’il n’est plus nécessaire de préparer des matrices d’impression. La presse numérique Indigo® de Hewlett-Packard en est un bon exemple.
Avec ces machines il est devenu possible pour le grand public de créer des albums de photographies personnelles associant images et textes, imprimés et reliés dans un format de livre comme exemplaire unique ou en nombre limité.
Les photographies obtenues sont généralement de petits formats, comme la « carte de visite » (sixième ou neuvième de plaque), le « portrait-bijou » (2,5 × 3 cm) ou encore le « timbre-poste » (1,2 × 2,5 cm). Les ferrotypes pleines plaques (16,2 × 21,6 cm) et les vues de paysages sont quant à eux très rares.
Fabrication
Les données à imprimer sont contenues dans un fichier numérique qui commande un laser ou des diodes qui insolent le tambour rendu photoconducteur. Le laser balaie le tambour en s’allumant pour exposer certaines zones et en s’éteignant pour en laisser d’autres non exposées. Ce sont ces dernières qui attirent le toner coloré, qui est ensuite transféré, puis enfin fusionné sur un support papier ou plastique.
Les pigments constitutifs de l’image sont soit secs (poudre ou toner sec), soit liquides (electroink). Les toners sont constitués de pigments incorporés dans des billes de polymère qui fondent à la surface du papier. La différence entre les toners secs et liquides est que seuls ces derniers sont dispersés dans une huile qui s'évapore pendant le processus de fusion.
Pour les impressions couleur le principe de la quadrichromie est utilisé (cyan, magenta, jaune et noir) : il y a autant de passages que de couleurs utilisées (4 ou plus en fonction des imprimantes).
Les papiers utilisés peuvent être non couchés, comme ceux utilisés pour la majorité des imprimantes de bureau. Mais les presses numériques utilisent essentiellement des papiers couchés : recouverts d’un enduit superficiel composé d’une matière minérale ou charge, liée au corps du papier au moyen d’un adhésif, ces papiers possèdent une surface très unie qui permet de reproduire les détails les plus fins d’une photographie. Le plastique peut également être utilisé comme support pour l’impression électrophotographique.
Identification
La trame d’impression colorée quadrichromique est bien visible avec une loupe sous forme de petits points. Mais sa forme peut varier en fonction des différents systèmes d’impression.
Les impressions électrophotographiques présentent une densité différente entre les zones sombres et claires, les noirs ayant ainsi en général un aspect de surface plus brillant que les autres couleurs (phénomène appelé « blocking » en anglais).
Il est très difficile de distinguer les toners secs de ceux liquides sur le produit fini.
Altération
Le comportement dans le temps des matériaux constitutifs des impressions électrophotographiques peut fortement varier en fonction des imprimantes, toner et papiers utilisés.
Le pigment utilisé pour les photographies noir et blanc est le noir de carbone, qui est très stable à la lumière. S’il est utilisé sur un papier alcalin de haute qualité, l’impression peut se conserver très longtemps dans de bonnes conditions. Les fabricants utilisent pour les autres couleurs une variété de pigments dont la stabilité peut varier, ce qui rend difficile une prévision de l’espérance de vie des impressions couleurs et un affaiblissement possible.
Avec le temps le support papier peut se fragiliser et jaunir, entrainant une modification colorée de l’impression.
Crédits
Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023
Glossaire
