Mode de formation des images analogiques et numériques

La photographie analogique


La formation des images analogiques repose sur le principe de réaction à la lumière de composés photosensibles (argentiques ou non argentiques) appliqués sur un support. Les gradations lumineuses du sujet d’origine sont représentées de manière proportionnelle (analogique) sur la photographie obtenue, il existe une ressemblance directe entre le sujet et sa représentation photographique. L’image peut être négative ou positive. Les épreuves photographiques argentiques sont obtenues soit par noircissement direct à la lumière, soit par développement d’une image latente.

L’image photographique peut être obtenue avec ou sans appareil photographique. Parmi les modes sans appareil, on peut citer ceux obtenus par contact avec un objet ou un produit chimique (dessin photogénique, photogramme, chimigramme) et ceux obtenus avec un dispositif comme le sténopé.

Développement d'une épreuve gélatino-argentique en laboratoire photographique © Anne-Lou Buzot

Négatif


Le négatif est une matrice utilisée pour tirer des images positives. C’est une image photographique unique aux valeurs inversées. Les valeurs claires du négatif correspondent aux valeurs sombres du sujet photographié et inversement. A l’origine réalisés sur papier, puis sur verre à l’albumine, au collodion puis à la gélatine, les négatifs ont été massivement produits sur plastique à partir de la fin du xixème siècle (gélatino-argentique sur nitrate, puis acétate de cellulose et enfin polyster).

 

Positif direct


Un positif direct est une image positive obtenue après une prise de vue sur une surface photosensible. En ce sens, il s’agit, tout comme le négatif, d’un objet unique et non multiple. Les positifs directs sont le daguerréotype, l’autochrome, le ferrotype, la diapositive à développement chromogène, le Polaroid® et le Photomaton®. L’ambrotype et l’autochrome, sont aussi faits pour être vus comme des positifs directs, même s’ils passent par une étape négative dans leur processus de fabrication (voir notices).

 

Le papier à noircissement direct


Les papiers à noircissement direct sont sensibilisés à l’aide d’une solution de chlorure de sodium et de nitrate d’argent. Essentiellement employés au cours du xixème siècle, ils sont peu sensibles à la lumière et sont donc réservés au tirage par contact : le papier est mis en contact avec le négatif dans un châssis-presse, puis exposé à la lumière solaire. Les dimensions des épreuves réalisées sont donc identiques à celles du négatif. Leurs tonalités sont chaudes et les grains constituant l’image sont particulièrement fins. Parmi les papiers à noircissement direct figurent le papier salé, le papier albuminé, ainsi que les aristotypes.

Les papiers à développement


Ces papiers sont plus sensibles que les papiers à noircissement direct et se généralisent au début du xxème siècle. Ils peuvent être monochromes ou en couleur. L’image latente produite par l’exposition du papier à la lumière d’un agrandisseur est révélée dans un bain de développement, avant d’être fixée. Les épreuves monochromes obtenues présentent des tonalités de noir neutre plus ou moins chaudes en fonction du révélateur, qui peuvent être modifiées par virage. Le développement des épreuves couleur se fait lui sans marge de manœuvre en suivant strictement les instructions du fabricant. Parmi les procédés argentiques à développement figurent le papier à l’iodure d’argent développé (procédé Blanquart-Évrard), les émulsions gélatino-argentiques au chlorure, au chloro-bromure ou au bromure d’argent, les papiers à développement instantané (Polaroid® et Fuji Instax®), les diapositives ou papiers à développement chromogène, le papier à blanchiment de colorants (type Cibachrome® ou Ilfochrome®).

La photographie numérique


La formation des images photographiques numériques repose sur le principe de capteurs photosensibles, qui transforment l’image optique formée dans l’appareil photographique (les formes, les couleurs et les valeurs lumineuses) en impulsions électriques codifiées en suite de nombres associés à des grandeurs dans un fichier informatique (d’où l’expression « numérique » en français ou digital en anglais). Il n’existe plus de ressemblance directe entre le sujet photographié et sa codification informatique, contrairement à la photographie analogique. Les supports de stockage de ces fichiers peuvent être électroniques (cartes flash), optiques (CD) ou magnétiques (disques durs).

La prise de vue numérique


Le support traditionnel photochimique est ici remplacé par un composant électronique photosensible capable de convertir la lumière en signal électrique. Ce signal est converti en valeur numérique enregistrée dans une carte mémoire située dans l’appareil pour constituer le fichier informatique. Les capteurs placés dans les appareils photographiques numériques sont constitués d’une mosaïque de cellules sensibles à l’ensemble du spectre de la lumière visible. L’enregistrement des couleurs, basé sur le principe de la trichromie (système RVB), est opéré grâce à un réseau de filtres colorés. Ainsi associé à un filtre coloré, chaque cellule ne reçoit l’information que d’une seule couleur primaire optique, rouge (R), vert (V) ou bleu (B). L’appareil photographique, ou un logiciel dédié au traitement des fichiers RAW (« brut de capteur »), restitue ensuite les couleurs du sujet photographié par traitement électronique des couleurs enregistrées par chaque groupe de photosites RVB. La surface totale et le nombre de cellules d'un capteur photographique électronique jouent un rôle essentiel dans la qualité de l’image enregistrée. Le pixel, contraction du terme anglais « picture element », est l’unité minimale permettant de mesurer la définition d'une image numérique. C'est aussi l'unité utilisée pour spécifier la définition des capteurs numériques et des écrans d’affichage des images.

Tirages et impressions numériques


Les images numériques peuvent être restituées sur de multiples supports matériels. Il peut s’agir d’une impression réalisée sur des supports variés (papiers, textiles, plaques de métal, etc.) grâce à une imprimante jet d’encre ou à sublimation thermique ou encore électrophotographique. Le fichier informatique peut également être tiré sur support photosensible traditionnel gélatino-argentique, à développement chromogène ou à destruction de colorant, exposé par le biais d’un agrandisseur numérique, appelé imageur (Durst Lambda®, Océ Lightjet® ou Fuji Frontier®). Dans ce cas, les auteurs font fréquemment référence à la marque de l’imageur (« tirage Lambda » ou « tirage Lightjet »). Enfin l’image peut être imprimée sur un support transparent pour produire un négatif qui servira à la réalisation de photographies par contact, par exemple en utilisant des procédés anciens. Tous les procédés historiques de tirages sont alors utilisables, ce qui permet l’essor actuel de nombreux procédés alternatifs.

Crédits


Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023

Glossaire


Ambrotype

Aristotype

Autochrome

Cyanotype

Daguerréotype

Dessin Photogénique

Ferrotype

Impression Jet D’encre Pigmentaire