Ieva Stankutė

« What do I grasp when I touch dust »

Vilnius Academy of Arts (Lituanie) Master


Photographie du projet  « What do I grasp when I touch dust » de Ieva Stankutė

Biographie


Instagram: @noriupabandyt

Ma pratique artistique explore les relations humaines, les liens familiaux et les expériences affectives.

Formée au graphisme appliqué, avec une pratique du livre, du design, de l'illustration et de la photographie, je développe une approche où narration et matérialité occupent une place centrale.

Mon projet de diplôme, un livre d'artiste consacré à la maternité, explorait l'expérience maternelle à travers les notions de culpabilité, de maladie et d'identité.

Mon travail a été publié par la Kaunas Photography Gallery et sélectionné pour le Arles Dummy Book Award.

Après la disparition de ma grand-mère, j'ai commencé à travailler à partir des objets qu'elle m'a légués, explorant les liens entre identité, mémoire et deuil.

Le projet


Je me tiens dans une pièce. Les objets sont toujours là, et je demeure parmi eux. Dans la lumière de la fenêtre, la poussière s'anime un instant avant de retomber dans son gris. Des particules jaunes restent sur mes doigts : le pollen d'un jardin que je ne peux plus voir. À l'intérieur, le miel se dépose sur les surfaces, s'écoule et se mêle à la poussière. La frontière entre le dedans et le dehors devient incertaine.

Après la mort de ma grand-mère, sa maison est devenue le point de départ de ce projet : à la fois archive et environnement matériel où le deuil se déploie à travers les objets et leur disparition.

Le projet interroge la manière dont la matière subsiste après une personne, lorsque les objets cessent d'être fonctionnels pour devenir porteurs d'affects, lorsqu'ils quittent un état stable pour entrer dans un cycle de circulation et de transformation. L'attention se déplace des réseaux d'objets décrits par Bruno Latour vers la poussière, envisagée comme le résidu des relations entre le corps, les objets et l'espace.

L'exposition réunit un livre composé de 1 500 objets dont les pages peuvent être retirées jusqu'à sa disparition complète, une installation de photographies recouvertes de cire et de miel, ainsi qu'une œuvre vidéo et sonore autour de la poussière, du pollen et de l'énumération.

Le deuil est un processus matériel.

Photographie du projet  « What do I grasp when I touch dust » de Ieva Stankutė

 

Photographie du projet  « What do I grasp when I touch dust » de Ieva Stankutė