• 12 - 15 NOV 2020
  • GRAND PALAIS, PARIS

TIRAGE FRESSON EN QUADRICHROMIE

Le tirage Fresson en quadrichromie est un procédé de tirage couleur pigmentaire. Hérité du procédé monochrome au charbon « papier satin » mis au point à la fin du XIXe siècle par Théodore-Henri Fresson, il est développé par son fils Pierre à partir de 1951 et finalisé en 1959, et figure encore aujourd’hui parmi les techniques proposées par l’atelier familial Fresson situé à Savigny sur Orge dans l’Essonne.

Ce procédé est constitué de quatre couches de gélatine bichromatée contenant des pigments naturels ou synthétiques de couleurs cyan, jaune, magenta et noir, appliquées successivement sur le support en papier. Il s’agit d’un procédé pigmentaire direct, c’est-à-dire sans transfert des couches images sur un support récepteur. Si les secrets de fabrication de la quadrichromie Fresson perdurent, les principales étapes de réalisation sont décrites par l’atelier. Le support en papier subit quatre cycles successifs de couchage-sensibilisation-exposition-dépouillement, un par couleur. La sensibilisation est réalisée en plongeant le papier dans une solution de bichromate de potassium. Lors des expositions, chaque image colorée est obtenue à partir de l’insolation par agrandissement du négatif de sélection correspondant (négatif de sélection bleue, verte ou rouge).

Sous l’action de la lumière, le colloïde bichromaté est rendu insoluble. Lors du dépouillement, les zones non exposées sont éliminées par solubilisation dans l’eau chaude. À la fin de chaque cycle, de la gélatine est appliquée sur la couche pigmentée. Le tirage est ensuite lavé pour éliminer toute trace résiduelle de bichromate, puis séché à l’air libre et sous presse chauffante. Des repiques peuvent être réalisées avant l’application d’une couche de gélatine de finition et de protection.

Les tirages en quadrichromie Fresson ont un rendu proche de celui des tirages à la gomme bichromatée. Le support papier, de format maximal 62 × 92 cm, a un aspect de surface lisse, l’image définitive est mate, et ses couleurs saturées.

Ils sont réputés pour leur bonne stabilité à la lumière, qualité qui explique la préférence des photographes professionnels des années 1970-1980 pour le recours à ce procédé plutôt qu’aux tirages à développement chromogène.

Les altérations rencontrées sont essentiellement de nature mécanique et dépendent des conditions climatiques de stockage et des conditions de manipulation, qui, mauvaises, peuvent provoquer abrasions ou craquèlement des couches.

Visuels de haut en bas:
Bernard Faucon, L'enterrement des jouets, 1980. Collection Musée d'art moderne de la Ville de Paris
Détail agrandi x2 © ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux, 2015.
Détail agrandi x8 © ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux, 2015.

GLOSSAIRE

TIRAGE À DÉVELOPPEMENT CHROMOGÈNE

TIRAGE À DESTRUCTION DE COLORANTS

TIRAGE AU CHARBON

AUTOCHROME

DESSIN PHOTOGÉNIQUE

FERROTYPE

TIRAGE AU GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT

AMBROTYPE

ARISTOTYPE

TIRAGE AU GÉLATINO-CHLORURE D'ARGENT DÉVELOPPÉ

PLATINOTYPE

TIRAGE À DÉVELOPPEMENT INSTANTANÉ

TIRAGE

TIRAGE FRESSON EN QUADRICHROMIE

PHOTOCHROME

PAPER SALÉ

NÉGATIF SUR PAPIER

IMPRESSION JET D'ENCRE PIGMENTAIRE

CYANOTYPE

TIRAGE À LA GOMME BICHROMATÉE

PROCÉDÉS PIGMENTAIRES