• 12 - 15 NOV 2020
  • GRAND PALAIS, PARIS

TIRAGE À DÉVELOPPEMENT INSTANTANÉ

C’est en 1948, qu’Edwin H. Land, scientifique américain, met au point le premier appareil photographique instantané sous le nom de Polaroid 95. Jusque dans les années 1960, les images obtenues étaient en noir et blanc ; il faudra attendre l’année 1962 pour voir apparaître les films Polaroid couleur. En 1972, l’usine Polaroid présente le SX-7O, appareil instantané permettant d’obtenir un tirage de manière totalement automatique. Le succès du Polaroid, de par sa simplicité et son instantanéité, fut immédiat auprès du grand public, mais également auprès de nombreux artistes, tels qu’Andy Warhol ou Robert Mappelthorpe. D’autres marques telles que Kodak (de 1976 à 1986) puis Fuji (à partir de 1991) ont produit des films à développement instantané.

Le principe des photographies à développement instantané repose, comme la plupart des procédés photographiques, sur l’association d’un négatif et d’un positif. Le papier récepteur qui deviendra le positif est mis en contact avec le négatif entre deux rouleaux situés à l’intérieur de l’appareil. Lors du passage entre ces rouleaux, une gousse contenant le révélateur est écrasée, libérant ainsi le produit qui se répand entre le négatif et le positif. L’image se forme ensuite selon le processus de diffusion/transfert.

Pour les films noir et blanc, les sels photosensibles non insolés migrent du négatif vers le positif. Pour les films couleur, ce sont les colorants qui migrent d’un support à l’autre. Une ultime réaction chimique permet de fixer l’image, et donc de la visualiser directement à la lumière du jour.

Deux types de films sont à distinguer : le film séparable (ou détachable) et le film intégral.

Dans le premier cas, après exposition, l’opérateur tire le film hors de l’appareil. Après quelques instants, le négatif est séparé manuellement du positif, puis éliminé.

Dans le cas des films intégraux, utilisés à partir de 1972, la photographie est directement éjectée hors de l’appareil. Il n’y a plus d’étape manuelle supplémentaire, le support négatif fait partie intégrante de l’objet final. L’image n’apparaît cependant pas immédiatement, et il faut attendre un développement de quelques minutes avant que celle-ci ne soit totalement révélée.

Le tirage à développement instantané permet en outre des utilisations détournées du procédé, comme le transfert d’émulsion où la couche image est séparée de son support initial dans un bain d’eau chaude puis replacée sur un nouveau support qui peut être du papier, du métal ou du tissu, ou encore le transfert de colorants directement sur un nouveau papier de type papier aquarelle.

En 2007, la société Polaroid annonce l’arrêt de la production des films instantanés. Mais dès 2008, Florian Kaps, créateur du site internet polaroid.com, initie the Impossible Project : la production est relancée avec le soutien d’anciens employés de la société Polaroid et en collaboration avec Ilford, qui a abouti à la commercialisation en 2010 de nouveaux films instantanés.

Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2014

Visuels de haut en bas:
Raphaël Tiberghien, Titi au pistolet, 1998
Verso du tirage présentant le code de fabrication du film Polaroid Série 600® qui permet d’identifier le type de film ainsi que sa date de fabrication
Détail agrandi x 2

GLOSSAIRE

TIRAGE À DÉVELOPPEMENT CHROMOGÈNE

TIRAGE À DESTRUCTION DE COLORANTS

TIRAGE AU CHARBON

AUTOCHROME

DESSIN PHOTOGÉNIQUE

FERROTYPE

TIRAGE AU GÉLATINO-BROMURE D'ARGENT

AMBROTYPE

ARISTOTYPE

TIRAGE AU GÉLATINO-CHLORURE D'ARGENT DÉVELOPPÉ

PLATINOTYPE

TIRAGE À DÉVELOPPEMENT INSTANTANÉ

TIRAGE

TIRAGE FRESSON EN QUADRICHROMIE

PHOTOCHROME

PAPER SALÉ

NÉGATIF SUR PAPIER

IMPRESSION JET D'ENCRE PIGMENTAIRE

CYANOTYPE

TIRAGE À LA GOMME BICHROMATÉE

PROCÉDÉS PIGMENTAIRES