PAPIER ALBUMINÉ

A propos


Le papier albuminé est une évolution du papier salé, avec l’ajout d’une couche d’albumine sur le papier, qui contient l’image argentique. C’est un procédé à deux couches.

Les quais (hiver), Atget, 1923, 17,8 x 22,8 cm, musée Carnavalet, Histoire de Paris

Période historique de production et d’utilisation


Présenté par Louis Désiré Blanquart-Évrard (1802-1872) à l’Académie des Sciences en mai 1850, il connaît un succès important auprès des photographes entre 1850 et 1900. Cet engouement est lié aux qualités esthétiques de cette nouvelle technique qui, en insérant l’image dans une couche au-dessus du support papier, permet d’obtenir une meilleure définition, un meilleur contraste et des valeurs de gris plus riches. 

Fabrication


Une feuille de papier fin et de bonne qualité est déposée par flottaison sur un bain d’albumine (blanc d’œuf) chargé de chlorure de sodium ou d’ammonium. Une fois sèche, la feuille albuminée est sensibilisée par flottaison sur une solution de nitrate d’argent. L’épreuve est tirée par noircissement direct en contact avec le négatif dans un châssis-presse exposé à la lumière naturelle. L’image possède un grain d’argent très fin, de couleur brun-orangé. Elle est alors généralement virée, la plupart du temps dans un bain de chlorure d’or, ce qui lui confère des tonalités plus froides, allant du brun-rouge au noir violacé selon la fraîcheur du bain de virage. Cette opération, réalisée dans un but esthétique, améliore également la conservation de l’épreuve, augmentant sa stabilité chimique. L’épreuve virée est ensuite fixée dans un bain de thiosulfate de sodium. En raison de la finesse du papier, afin d’éviter le déchirement, le gondolement ou le tuilage, les épreuves obtenues sont le plus souvent contrecollées sur carton.

Identification


Le papier albuminé se caractérise par la finesse du support papier (plus que celui du papier salé). Le papier albuminé étant un papier à deux couches, les fibres du papier restent visibles à travers la couche image (contrairement aux papiers à trois couches plus modernes, comme les aristotypes et les papiers à développement).

Altération


Le vieillissement naturel confère au papier albuminé une tonalité jaune caractéristique, plus ou moins accentuée. Un papier albuminé qui a subi des cycles de sécheresse développera un réseau de microfissurations caractéristiques. Une exposition à des gaz polluants provenant de mauvais matériaux ou de la pollution de l’air environnant provoquera un affaiblissement de l’image argentique. Un mauvais fixage ou un lavage insuffisant provoqueront un jaunissement de l’image.

Crédits


Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2023

Ambrotype

Aristotype

Autochrome

Cyanotype

Daguerréotype

Dessin Photogénique

Ferrotype

Impression Jet D’encre Pigmentaire