Elles x Paris Photo - Agnès Geoffray

Galerie Maubert

“Être femme fait partie de mon identité, au même titre que le reste” Agnès Geoffray

Density 1947, 2020 © Alison Rossiter

Soap Bottle, 1984 © Alison Rossiter

© Alison Rossiter

Comment en êtes-vous venue à la photographie ? Vous définissez-vous comme photographe ?
La photographie vernaculaire – notamment judiciaire et médicale – a formé mon regard. Je suis une artiste qui pratique la photographie.

Quels sont vos engagements dans votre pratique photographique ?
Je conçois mon travail comme un partage d’images. Déplacer le regard est ce qui m’anime, jusqu’à parfois, repenser nos mémoires douloureuses.

Est-il légitime de parler d’un regard de femme dans la photographie ? Vous sentez-vous concernée ?
Renvoie-t-on les hommes à leur “regard d’homme” ? Jamais, me semble-t-il. En quoi notre genre primerait plus que notre construction culturelle, sociale, familiale, politique… Être femme fait partie de mon identité au même titre que le reste.

Votre statut de femme a-t-il, ou a-il-eu, une influence sur votre statut d’artiste ?
Je dirais que j’ai eu conscience assez tôt qu’il me faudrait être d’autant plus opiniâtre et pugnace.

Vivez-vous de votre art ?
Je vis de mon travail depuis quelques années, j’enseigne également en école d’art.

Quels sont les auteur(e)s qui vous inspirent ? Parmi eux/elles, y a-t-il des femmes photographes ?
Il y en a tant. La découverte du travail de Hans-Peter Feldmann a libéré ma démarche photographique, les écrits de Claude Cahun ont invité l’écriture dans mon travail, Susan Sontag a forgé mon approche éthique des images.
Et toutes ces photographes de ma génération qui amorcent une nouvelle approche de la photographie, Constance Nouvel, Marina Gadonneix, Aurélie Pétrel, Estefanía Peñafiel Loaiza, Emmanuelle Fructus, Barbara Breitenfellner, Alexandra Leykauf, Clare Strand… et tant d’autres.

Alison Rossiter © Michelle Kloehn

BIO

Diplômée des écoles des beaux-arts de Lyon et Paris, Agnès Geoffray (1973) développe une œuvre à la croisée de la photographie, de la sculpture et des installations. En mêlant les documents d’archive, les livres et Internet, elle réinvente les textes et les images qui font partie de notre environnement quotidien, et nous invite à reconsidérer notre propre mémoire. L’artiste a effectué une résidence à la Rijksakademie d’Amsterdam (2002-2003) et a été pensionnaire à la Villa Médicis de Rome (2010-2011). Ses œuvres ont été exposées au Centre Pompidou, à la Kunsthalle de Vienne ou encore au Centre de la photographie de Genève. En 2020, le FRAC Auvergne lui offre une exposition personnelle ainsi qu’une monographie. Trois ouvrages dédiés à son travail ont été publiés aux éditions de La Lettre Volée.

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