Tirage à la gomme bichromatée

  • Tirage à la gomme bichromatée

  • Tirage à la gomme bichromatée

    Le brevet de la gomme bichromatée est déposé en 1858 par le photographe anglais John Pouncy. Un peu plus tôt, en 1850, le français Alphonse Poitevin avait mis en évidence la propriété que possède le bichromate de potassium de rendre insoluble la gomme arabique après exposition à la lumière. À cette période le procédé ne rencontra qu’un succès limité et tomba dans l’oubli. Il resurgit à la fin du XIXe siècle par le biais d’une publication d’Albert Rouillé-Ladevèze, d’approche plus artistique que scientifique. Le tirage à la gomme bichromatée va alors connaître son apogée pendant plusieurs années avant de décliner à partir de l’année 1914.

    Le photographe enduit à l’aide d’un pinceau une feuille de papier épaisse, capable de supporter plusieurs immersions, d’un mélange de gomme arabique, de bichromate de potassium ou d’ammonium et d’un pigment qui donnera sa couleur au tirage. Plusieurs pigments peuvent être appliqués en couches superposées, permettant ainsi d’obtenir un tirage en trichromie ou quadrichromie.

    Le plus souvent, toutefois, les tirages à la gomme bichromatée présentent des tons chauds allant de l’orangé à des bruns foncés. La technique requiert donc un savoir-faire et une bonne maîtrise des gestes afin d’éviter toute surépaisseur, ou à l’inverse des zones sans couche sensible.
  • Tirage à la gomme bichromatée

    L’aspect d’origine du papier, le plus souvent du papier aquarelle, donne une surface granuleuse à l’image. Après séchage, le papier désormais photosensible est mis en contact avec un négatif dans un châssis-presse. La gomme bichromatée a la propriété de durcir lorsqu’elle est soumise aux rayons ultraviolets. Ainsi, après exposition, le papier est placé dans une cuvette d’eau et « dépouillé » à l’aide d’un pinceau. Les parties insolées vont demeurer tandis que les parties toujours solubles vont s’éliminer avec l’eau, emportant avec elles le pigment et laissant de nouveau apparaître le papier. La feuille est ensuite mise à sécher.

    Selon l’effet désiré plusieurs passages sont souvent nécessaires. Il faut donc réitérer les différentes étapes jusqu’à satisfaction. Une fois le rendu définitif obtenu, la feuille est plongée dans un bain de bisulfite de sodium qui permet d’éliminer les résidus de bichromate, puis à nouveau rincée à l’eau et séchée.
  • Tirage bichromatée

    Les tirages anciens sont majoritairement stables, à la différence de certaines réalisations récentes en raison de la nature même des pigments employés qui sont parfois la cause d’un affaiblissement de l’image.

    Suite à la mouvance impressionniste, le procédé a attiré les artistes par son manque de netteté dans les contours. De par son caractère aléatoire, il laisse en outre une grande place à l’interprétation personnelle, expliquant le succès de cette technique auprès des photographes pictorialistes tels que Pierre-Antoine Demachy ou Edward Steichen. Plus récemment, le procédé connaît un regain d’intérêt chez les photographes contemporains adeptes des techniques alternatives tels que Nancy Wilson-Pajic ou Sally Mann.

    Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2014

    Visuels de haut en bas:
    Charles Jacquin, L’abreuvoir de Javel, juin 1903. © Collection Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
    Détail agrandi x3 © Reproduction : ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux.
    Détail agrandi x 30 © Reproduction : ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux.


Glossaire

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