Négatif sur verre collodion

  • Négatif sur verre collodion

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    Le négatif sur verre au collodion est un procédé négatif monochrome argentique introduit en 1851 par l’anglais Frederick Scott Archer, couramment utilisé jusque dans les années 1880.

    Il ne s'agit pas du premier procédé de négatif utilisant le verre comme support : en effet, à la suite des expérimentations de son cousin Joseph Nicéphore Niépce au début des années 1820, Claude Félix Abel Niépce de Saint-Victor met au point, en 1847, le premier procédé sur verre praticable, le négatif sur verre à l’albumine. S'il offre, du fait de sa transparence, une plus grande finesse que le négatif sur papier alors utilisé, sa mise en œuvre reste laborieuse, imposant notamment de très longs temps de prise de vue et de développement, raison pour laquelle il est éclipsé par le négatif sur verre au collodion. Le collodion utilisé pour la fabrication de négatifs photographiques sur verre est obtenu par dissolution de nitrate de cellulose – produit chimique introduit par le chimiste suisse Christian Frédéric Schönbein – dans l’alcool et l’éther.
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    La plaque de verre servant de support est préalablement découpée au format souhaité, et minutieusement nettoyée. Le collodion contenant des halogénures - iodures et bromures - est coulé sur le verre en son centre puis étendu uniformément sur toute la surface par une légère inclinaison de la plaque. Après évaporation de l’alcool et de l’éther, la plaque collodionnée est sensibilisée par immersion dans une solution de nitrate d’argent, puis immédiatement exposée à l’état humide dans la chambre photographique. L’image latente obtenue est développée dans une solution de sulfate de fer ammoniacal ou de pyrogallol. L’image est fixée dans une solution de cyanure de potassium ou de thiosulfate de sodium, puis lavée. La plaque est enfin séchée à la chaleur d’une flamme, puis généralement vernie pour protéger la couche de collodion des abrasions et éviter l’apparition de ternissure. Les négatifs au collodion sur verre sont tirés par contact, le plus souvent sur papier albuminé. Afin d’améliorer le rendu des tirages, les photographes interviennent fréquemment sur les négatifs : les portraits sont retouchés au crayon graphite et les ciels des paysages sont masqués à l’aide de papier ou de gouache de couleur inactinique.
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    Si le procédé négatif sur verre au collodion humide est bien plus rapide d’exécution que le procédé sur verre à l’albumine, il présente des inconvénients importants, liés à la péremption rapide des plaques sensibilisées, obligeant le photographe, pour les prises de vues en extérieur, à transporter son laboratoire. Des variantes de ce procédé sont donc apportées afin d'allonger leur temps de d’utilisation après sensibilisation. Marc-Antoine Gaudin introduit ainsi dès 1853 l’usage de substances hygroscopiques telles que le sucre, le miel, ou la glycérine qui, incorporées au collodion, permettent de maintenir une certaine humidité au sein du liant et ainsi de préparer les plaques à l’avance. En effet, le collodion, devenant imperméable à l’état sec, empêche toutes les solutions liées aux traitements de fabrication de pénétrer jusqu’aux sels d’argent. Des procédés dits « au collodion sec » sont également développés, dont le plus important est le négatif sur verre au collodion albuminé de Taupenot en 1855. L’année suivante, le Dr Hill Norris commercialise en Angleterre les premières plaques prêtes à l’emploi. Néanmoins, les procédés au collodion sec resteront moins fréquents et réservés à la photographie de paysage, car leur sensibilité est nettement inférieure à celle du collodion humide.

    Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2013
    Visuels de haut en bas:
    © Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Reproduction en lumière réfléchie, côté émulsion. ©ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux, 2014.
    © Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Reproduction en lumière transmise, côté émulsion. ©ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux, 2014.
    Détail agrandi ©ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux, 2014.


Glossaire

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