Aristotype

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    Chimiste munichois, Johann Baptist Obernetter commercialise le premier papier aristotype en 1867.

    Premier papier de fabrication industrielle, ce procédé offre à la pratique photographique de nombreuses améliorations qui vont rapidement séduire les photographes amateurs, parmi lesquelles une utilisation simplifiée car prêt à l’emploi, une sensibilité accrue et une meilleure conservation. Ce procédé va ainsi peu à peu supplanter l’usage du papier albuminé, et ce dès les années 1880.

    Les aristotypes font partie des procédés à trois couches : une couche de papier, une couche de sulfate de baryum dans la gélatine et enfin une émulsion contenant du chlorure d’argent en suspension dans un liant. L’usage d’une couche de baryte appliquée entre le papier et la couche image permet d’obtenir des blancs plus purs et accentue la brillance de la couche image. Les fibres du papier ne sont plus visibles, contrairement aux procédés à une ou deux couches.
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    S’agissant d’un procédé à noircissement direct, l’exposition se fait par contact avec le négatif dans un châssis-presse, produisant un tirage aux dimensions identiques à celles du négatif. Après rinçage, l’épreuve est fixée puis virée, dans un bain de chlorure d’or le plus souvent, puis lavée. Par la suite, des papiers dits auto-vireurs seront mis sur le marché.

    Les aristotypes présentent une très bonne définition ainsi que des tons chauds, allant du rouge au brun violacé selon le type de virage réalisé et la nature du liant employé dans la préparation de l’émulsion. Différents liants peuvent être employés pour la fabrication de l’émulsion de ce procédé. S’il est le plus souvent possible de les identifier par une observation du tirage, dans certains cas, notamment celui des procédés hybrides, l’identification du liant peut cependant nécessiter des analyses scientifiques plus poussées. Le collodion et la gélatine, les plus fréquemment observés dans les collections, donnent leur nom aux deux principaux procédés de la famille des aristotypes.
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    Le premier, l’aristotype au collodion est commercialisé dès l’année 1865, à la suite des travaux d’A. Gaudin, qui met au point en 1861 la première émulsion positive au collodio-chlorure d’argent, ou papier à la celloïdine. Il rencontre un succès à partir de l’année 1887 puis commence à être délaissé après la Première Guerre mondiale, au profit des aristotypes à la gélatine. De couleur variant du brun-roux au brun-violacé, il offre une excellente définition de l’image et une bonne stabilité chimique.

    L’aristotype à la gélatine, également dénommé papier au gélatino-chlorure d’argent à noircissement direct ou papier citrate, quant à lui introduit en 1882 par l’anglais William de Abney, est surtout utilisé par les amateurs. Les débuts de sa fabrication industrielle remontent à l’année 1884. En France, le développement de cette technique a lieu notamment à partir de 1892 avec la commercialisation du papier « Aristo » par les frères Lumière. Au même moment, on assiste à la commercialisation du papier P.O.P (Printing out Paper) par la firme Ilford et du papier « Solio » par Kodak. Ce procédé connaîtra un grand succès jusque vers 1940. Ces papiers sont peu sensibles mais offrent une très bonne définition. Ils peuvent être brillants ou mats et leurs tonalités s’étendent du brun chaud au noir, en fonction de la nature du virage.

    Les aristotypes vont progressivement disparaître à partir des années 1920, suite à l’apparition sur le marché des procédés à développement qui permettront à la fois de réduire les temps de pose et de s’émanciper des contraintes de format liées au tirage par contact. Toutefois les sociétés Kodak puis Guilleminot notamment, vont continuer de produire des papiers aristotypes jusque dans les années 1990.

    Glossaire visuel des procédés photographiques © ARCP / Mairie de Paris, 2015

    Visuels de haut en bas:
    Lafayette, Sarah Bernhardt vers 1900, ca. 1900
    Détail agrandi x 2
    Détail agrandi x 8


Glossaire

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