Papier salé

  • Papier salé

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    Héritiers des dessins photogéniques, les tirages sur papier salé sont introduits en 1839 par William Henry Fox Talbot. Ce sont les premiers tirages positifs obtenus d’après un négatif papier, le calotype, dont ils tiennent leur appellation erronée de « calotypes positifs ».

    La préparation du papier servant à ces tirages procède de deux étapes : le salage et la sensibilisation. Une feuille de papier chiffon sans impuretés est tout d’abord salée par trempage dans une solution de chlorure de sodium (sel de mer) puis séchée. Elle est ensuite déposée sur un mélange d’eau et de nitrate d’argent qui réagit avec le chlorure de sodium, produisant du chlorure d’argent, sensible à la lumière. Cette technique de flottaison pour cette étape de sensibilisation, est une amélioration décisive apportée par Louis-Désiré Blanquart-Évrard : elle permet en effet une meilleure imprégnation du papier que par l’application au pinceau utilisée dans le procédé de Talbot, pour un meilleur rendu de l’image.
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    Après séchage, cette feuille peut servir au tirage, qui se fait par noircissement direct : la feuille sensibilisée est exposée à la lumière au contact d’un négatif sur papier dans un châssis-presse. La lumière provoque la décomposition du chlorure d’argent en argent métallique, de couleur brune-orangée. Cette image présente un aspect mat, aux tonalités naturellement chaudes.

    Une fois formée, l’image est fixée dans une solution de thiosulfate de sodium qui dissout les sels sensibles résiduels, puis lavée. Une étape intermédiaire de virage, à l’or le plus fréquemment, peut-être réalisée afin de modifier la tonalité de l’image - tons plus froids allant du brun chaud au brun noir, noirs ou sépia selon la recette utilisée -, et de lui procurer une meilleure stabilité.
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    Le papier salé connaît un grand succès en Europe, et plus particulièrement en France, des années 1840 aux années 1860. A partir de 1850 on ajoute parfois des encollages dans le bain de salage afin d’améliorer les contrastes et la définition de l’image, et d’obtenir une grande diversité de tonalités. Les substances les plus couramment adjointes - gélatine, albumine, amidon -, donnent leur nom à ces variantes qui vont progressivement éclipser le procédé sur papier salé « ordinaire » : tirage sur papier salé à la gélatine, tirage sur papier salé à l’albumine, ou tirage sur papier salé à l’amidon.

    Glossaire visuel des procédés photographiques
    © ARCP / Mairie de Paris, 2014
    Visuels de haut en bas:
    Adrien Tournachon (Nadar jeune), Portrait de Charles Deburau, 1854 – 1855. © Musée Carnavalet
    Détail agrandi. ©ARCP / Mairie de Paris / Jean-Philippe Boiteux, 2014


Glossaire

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